Le Caire | Avril 2019

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Bonjour et bonsoir ! Depuis plus de deux mois maintenant je suis revenue d’Egypte et plus précisément du Caire. Ce fut un voyage particulier sur bien des points et en y repensant aujourd’hui j’ai l’impression que c’était il y a des mois. Prévu depuis août dernier il s’agissait du cadeau d’anniversaire pour ma mère qui rêvait depuis des années d’aller au Caire. Passionnée de la mythologie Égyptienne, elle n’avait jamais eu l’occasion de se rendre au Musée Égyptien ni de voir les pyramides au alentour de la capitale. Lui faire ce cadeau a été un véritable bonheur pour moi et l’un des plus gros point positif de ce voyage.

Quand je pense à l’Egypte l’une des premières choses qui me vienne à l’esprit est la richesse des civilisations antiques. La deuxième représente les différents attentats qui se sont produits dans le pays. Beauté et désolation. Ces deux visions laissent des aprioris et on a alors tendance à imaginer ce que l’on va pouvoir découvrir de manière pas toujours réaliste.

C’est ce que je souhaite proposer ici en montrant que voyager ne signifie pas simplement « être en vacances » car pour moi cette semaine en Egypte n’était en aucun cas reposante. Un voyage c’est découvrir le monde et les autres, mais aussi soit même et d’être capable de se remettre en question.

J’ai beaucoup procrastiné sur cet article ces deux derniers mois car je ne savais pas comment tourner mon propos. Je ne le sais d’ailleurs toujours pas car je ne suis en aucun cas une experte sur l’Egypte et son climat économique et politique actuel. Je ne suis pas non plus là pour polémiquer sur le sujet mais pour partager mes impressions, j’espère que tu seras indulgent(e) pour mes éventuelles maladresses.

Comme je le disais plus haut l’Egypte représente à la fois la beauté antique et la désolation moderne. Pourtant on ne peut pas s’empêcher d’imaginer que l’on va retrouver une part de cette beauté malgré tout, à l’image de Rome qui a gardé cette majestuosité romaine, mais Le Caire n’est pas Rome. Le Caire est la capitale d’un pays en difficulté et surtout une ville surpeuplée. Presque 20 millions d’habitant en octobre 2018, soit dix fois celle de Paris ! Bien évidemment on retrouve des monuments qui font rappels à l’Egypte Antique ou simplement de belles architectures typiquement arabe mais principalement dans les zones touristiques ou proche des hôtels. Quand on s’éloigne dans les quartiers plus populaire ou écarté des zones touristiques ce n’est clairement pas la même ambiance. Mais avant de continuer sur cet aspect des conditions de vie et environnemental, je souhaite te parler d’un point très important : le côté humain et surtout la représentation du touriste.

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L’Egypte est à présent un pays dont la grande majorité de la population est pauvre suite aux différentes transformations du pays ces dernières années et cela joue un grand rôle dans la relation locaux-touristes. L’équation est très simple : touriste est égal à argent, point. Pour vivre il faut de l’argent et par conséquent des touristes qui eux sont considérés comme riche, ce qui est particulièrement vrai avec le taux de change. Prenons un exemple lambda avec un kebab qui coûtera au Caire 50£E soit la modique somme de 2€67 ; autre exemple avec une robe brodée à la main magnifique avec beaucoup de motif et par conséquent de longues heures de travail qui a coûté à ma mère 800£E soit 42€74. Une pâtisserie du genre mille-feuille coûtait 6£E soit 0€30… Les écarts de prix sont juste énorme et il est donc logique pour eux de vouloir profiter de ça. Qu’est-ce que quelques dizaines de livres égyptiennes pour un étranger qui ne verra pas de différence à la fin du mois et qui pourra nourrir au moins quelques personnes ?

D’après mes recherches le salaire moyen d’un Égyptien serait en moyenne 200 euros, voir moins selon certains sites mais je n’ai pas de source sûre. Et en considérant la surpopulation et le chômage qui doit en découler, ces 200 euros ne sont pas pour une seule personne. Le calcul est vite fait.

Le seul soucis c’est que trop, c’est trop. Le premier jour, en tant que femmes blanches typées européennes, a été très éprouvant. Tous les attrapes touristes du coin se sont ruées sur nous pour essayer de nous faire acheter leurs produits. Et je peux te garantir qu’ils guettent, des personnes en repérage sont postées dans les rues et passent le mot à leurs collègues aux alentours, chaque personne du réseau ayant une interaction avec toi regardera comment tu fonctionnes, tes habitudes et passera le message aux autres. Bref, un vrai téléphone arabe. Et je suis très sérieuse ! La situation d’approche est très simple : tu as l’air perdu ou tu manques de percuter quelque chose, peu importe, de l’aide va t’être apportée mais suite à ce service on va te proposer de visiter la boutique de la personne en question (boutique qui au passage appartient à plusieurs personnes qui font le même « type d’affaire ») en te faisant sentir redevable de l’aide apportée. Sans parler du traditionnel thé offert à ton arrivé dans la fameuse boutique et la renommée hospitalité égyptienne (c’est eux qui le présente comme ça) que tu n’as pas le droit de refuser, sinon ce n’est pas drôle. Et si tu refuses ils peuvent se mettre en colère… Quand j’ai eu le tour j’ai été tellement choquée que je me suis rassise sur ma chaise sans un mot (mais pas d’inquiétude, au final c’est moi qui leur ai passé un savon tellement ils m’ont mise en colère avec leur cinéma – et pour que je me fâche il faut y aller !). Une fois ça passe, deux fois aussi mais après ça suffit. Une grande partie des interactions avec les locaux, ceux qui vont t’approcher d’eux même sont certainement des attrapes touristes pour de l’argent. Ta seule présence a pour unique but d’apporter de l’argent, et une fois les affaires faites on va enfin s’intéresser à ta personne et moins à ton porte-monnaie.

Les premiers jours sont les plus fatiguant car tu es encore un peu naïf et tu peux te faire avoir plus facilement. Et ils le savent très bien et vont en profiter le plus possible. Encore que, si tu es Français(e) tu as de la chance car en Egypte nous avons la belle réputation de radin et une fois que l’info est passée et que l’on arrive à résister aux tentatives d’approche on est plus vite laissé tranquille.

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Espèce de rocade en pleine ville que tout le monde traverse comme il veut entre les voitures ; et en dessous le pont qui permet de passer sans soucis de l’autre côté que personne n’emprunte.

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J’espère que tu auras noté que je n’ai pas fait usage du terme « Égyptien » car ce dont je parle n’est en aucun cas une généralité, loin de là. Malheureusement ce sont les personnes qui vont essayer de te vendre des produits, voir arnaquer pour les plus désespérés même si de base les prix sont surcotés, qui vont t’approcher facilement et les autres très peu voir pas du tout. J’aurai aimé pouvoir discuter avec plus de locaux mais à cause de ces premières interactions je n’avais pas le recul nécessaire en une semaine pour dépasser le sentiment d’agression dès qu’on m’adressait la parole. C’est vraiment dommage mais, si jamais je retourne en Egypte un jour, j’espère pouvoir le faire. Pour rester tout de même positif les habitants nous aidaient à traverser les routes (les passages piétons ça n’existent qu’aux feux de circulation sinon tu te débrouilles sur les routes à quatre voies) et nous déconseillaient certains passages (notamment les souterrains qui servaient justement à traverser sans danger et le métro) pour des raisons que je connais pas mais que l’on peut très bien imaginer…

Retournons à présent du côté urbain avec les conditions de vie que j’ai pu observer hors zone touristique -je répète il ne s’agit que d’observation de ma part, ce n’est pas comme si j’avais pu discuter du sujet avec les locaux et ce sont donc mes interprétations- et l’impact environnemental.

Les bâtiments sont très vieux et n’ont clairement pas eu de rénovation depuis bien longtemps et ont un aspect « sale » alors que ce n’est pas le cas, loin de là dans certains quartiers. Les banques et commerçants lavent leurs vitrines et leurs trottoirs tous les matins avant l’ouverture, un vrai rituel. Mais de l’usure ça ne part pas au lavage quoique l’on fasse. En revanche côté habitation ce n’est pas la même histoire, l’immeuble où nous avons logé en AirBnb était très sale, et il ne valait mieux pas toucher quoique ce soit dans les escaliers, les fenêtres étaient brisées par endroit, bref un vrai carnage. Et dans les rues des quartiers éloignés du centre touristique ce n’était pas reluisant non plus.

 

Même au Musée du Caire les vitrines des objets présentés étaient sales ! Pour le coup ça m’a quelque peu refroidie car je ne m’attendais pas à ça. Le sol et les murs étaient abîmés également, un peu comme si le musée était resté figé dans le temps. Et quand on sait tous les artefacts précieux qui s’y trouvent c’est vraiment dommage. Pareil dans les salles mortuaires où les momies sont exposés, les photos sont interdites pour des raisons de préservation mais il n’y a pas surveillant donc les touristes se font un véritable plaisir pour en faire avec le flash une fois sur deux ! Cela montre bien l’égoïsme de l’individu et la société dans laquelle on vit actuellement où il est nécessaire d’immortaliser tout ce que l’on voit au dépend du bon sens commun. Mais c’est un autre débat.

Dans les pyramides c’est un peu la même histoire, les guides fument dans les tombes et quand on refuse de prendre des photos par respect ils le font pour nous… (toujours avec le flash bien sûr). Je dois admettre que j’étais vraiment dégoûtée par cette attitude.

 

Pour ce qui est des déchets on est entre deux feux, d’un côté les personnes jettent leurs déchets à tout va (notamment les automobilistes par leurs fenêtres) et de l’autre des personnes sont employés pour les ramasser. Je n’ai également vu qu’une fois une poubelle de tri à la Tour du Caire mais cette installation doit être plus touristique que par volonté de tri. Mais je peux très bien comprendre que dans la situation du pays l’écologie ne soit pas une priorité même si c’est bien dommage car le Caire n’est clairement pas la ville la plus saine du monde… Nous avons pu observer des brouillards de pollution, le ciel était souvent gris malgré la chaleur et le soir nous avions mal à la gorge. Le jour où nous sommes allées aux Pyramides et à Memphis, plus on s’éloignait, plus le ciel devenait bleu c’était vraiment frappant. Cela s’explique en parti par la circulation en non-stop dans la capitale et les bouchons vraiment constants. Les taxis sont très nombreux et la seule raison pour laquelle ils vont s’arrêter est pour prendre ou déposer quelqu’un, sinon ils roulent encore et encore. Ce sont également beaucoup de vieilles voitures ou de vieux bus qui circulent qui vont dégager beaucoup de gaz d’échappement bien polluant.

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Voilà un condensé des observations que j’ai pu faire au Caire et c’est pour ça que je ne peux pas considérer ma semaine là-bas comme des vacances. Ce voyage a été épuisant mentalement et très marquant. C’est en voyant de ses propres yeux ce que l’on entend à la télé ou dans des reportages que l’on peut vraiment se rendre compte de ce qu’il se passe ailleurs et que cela va rester marquer en nous. Quand on entend parler d’une catastrophe dans un pays étranger on va avoir un sentiment d’horreur sur le moment puis on oubliera car nous n’avons pas été touché personnellement, le cerveau élimine naturellement ce qui n’est pas nécessaire. Cela vaut pour tout, les accidents, l’environnement, etc.

Bien évidemment il doit y avoir des choses tellement plus positives à voir une fois que l’on a dépassé le stade de touriste auprès de la population, humainement et culturellement parlant. Pour vraiment comprendre la dynamique de la ville il faudrait y vivre mais une semaine ne suffit clairement pas. C’est aussi pour ça qu’il faut relativiser et que j’ai bien fait de ne pas réaliser cet article ni d’en avoir parlé à chaud comme je le voulais au départ. Ce n’est pas un sujet à prendre à la légère et je ne souhaite en aucun cas aliéner la réputation déjà pas sympathique de l’Egypte en général. C’est simple : pour profiter pleinement de l’expérience du Caire il ne faut pas être un touriste, ne pas montrer que l’on va dépenser ses sous à tout va pour acheter des cadeaux à ramener chez soit et surtout le faire comprendre dès son arrivé. Je pense qu’être franc sur le sujet en restant respectueux peut être une solution.

J’espère que cet article t’aura plu et aura été informatif, si une formulation te semble mauvaise par rapport à ce que je souhaite transmettre n’hésites pas à m’en faire part pour que je corrige cela de suite ! Si tu as déjà eu une expérience comme ça dans un de tes voyages n’hésites pas non plus à en parler dans les commentaires, de même si tu as des questions ou que tu souhaites débattre d’un des sujets que j’ai abordé !

La semaine prochaine, toujours sur l’Egypte, je te proposerai un article sur 7 conseils pratiques pour voyager au Caire (transport/indispensable/etc.). À la semaine prochaine, Flo.

POUR DE BELLES PHOTOS DU CAIRE ET DES PYRAMIDES RENDEZ-VOUS SUR LA GALERIE PHOTO

5 réflexions sur “Le Caire | Avril 2019

    • Florence dit :

      Oui je me souviens que tu avais parlé de ce projet dans un article précédent, c’est vrai que la situation actuelle est assez oppressante pour les touristes. Peut-être que d’ici quelques années le climat du pays changera un peu, et que vous pourrez tout de même réaliser ce voyage ! Après ce même climat fait aussi parti de l’histoire du pays, ce n’est pas agréable, mais en un sens c’est important de le voir. Dans tous les cas je croise les doigts pour que vous réalisiez ce voyage et merci pour ton intérêt !

      Aimé par 1 personne

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